•  

     ____________________________________________________________________

    The violent kind

    Des Butcher brothers

    USA (2011) – Horreur / Fantastique / Science fiction / Comédie / Drame.... Le bordel quoi !

    The violent kind des Butcher brothers

    ________________________________________________________________

    Après la sympathique relecture familiale du mythe des vampires avec The hamiltons les Butcher brothers reviennent pour un second film qui se trimballe une sérieuse réputation d'ovni totalement barré et inclassable. Et c'est vrai que The violent kind est un film totalement cintré et imprévisible qui part dans tous les sens, mais malheureusement il ne suffit pas toujours d'être bizarre pour être intéressant.

    The violent kind raconte l'histoire d'une bande de bikers partis fêter l'anniversaire de la mère de l'un d'entre eux dans une ferme isolée en pleine forêt. Un fois la fête terminée il ne reste qu'une poignée de personnes qui vont recevoir la visite d'une bien étrange bande de voyous semblant sortir directement des années cinquante...

    The violent kind des Butcher brothers

    Effectivement au niveau de l'originalité et de sa capacité à sans cesse chambouler les attentes du spectateur The violent kid se pose là. Le film des Butcher brothers commence comme une chronique traitant de la violence des bandes pour glisser doucement vers le fantastique à base de fantômes avant d'aller joyeusement vers l'horreur du film de possession tout en flirtant avec la science fiction et le home invasion radicale. Le problème c'est que le film part tellement dans tous les sens que l'on finit par vraiment se demander vers quoi les deux réalisateurs tentent vainement d'aller. A force de tout mélanger de manière aussi anarchique le film donne très vite la sensation d'un gros portnawak tendance gros gloubiboulga mal digéré. Les intentions sont sans doute louables mais l'étrangeté bricolée du film lasse bien plus vite qu'elle ne fascine. Malheureusement si l'on es dans un premier temps séduit par l'univers foutraque du film on es aussi très vite agacer par cette sensation que le film part un peu dans tous les sens pour masquer surtout qu'il ne va finalement pas bien loin.

    The violent kind des Butcher brothers

    The violent kind est aussi fortement plombé par un groupe de comédiens totalement en roue libre et pas spécialement convaincant. La palme de la médiocrité revenant à la petite bande gesticulante et horripilante sortant des années cinquante. Les personnages totalement déglingués et hors normes peuvent être parfois aussi ridicule que effrayant comme le héros de l'excellent The lost ou encore le regretté Dennis Hopper dans Blue Velvet mais dans The violent kind ils restent le plus souvent des pantins ridicules et grotesques. Du rocker gesticulant en citant James Dean au dandy à cran d'arrêt en passant par le gros dur qui lèche du film étirable parce que il adore le plastique (??) difficile de trouver dans cette galerie des monstres des personnages plus effrayant que artificiellement azimutés. Au bout du compte on s'ennuie donc très vite, on soupire et plus emmerdant on sourit finalement au dépends du film et de ses situations grotesques. Tout devient tellement artificiel , que tout devient inoffensif que ce soit la folie, la violence comme l'étrangeté des situations.

    The violent kind est donc bel et bien un ovni et un film bizarre mais faute d'une ligne directrice solide, d'une solide mise en scène, d'acteurs charismatiques et convaincants le film ne va jamais plus loin que l'expérience étrange d'un film autre. Pour le reste, le film des Butchers brothers qui devait être un électrochoc reste un objet étrange mais pour moi assez vain.

     

    Ma note: 05/10

      


    aucun commentaire
  •  _____________________________________________________________

    Mother's day

    de Charles Kaufman

    USA (1980) – Horreur / Thriller / Bad mother's fucker

    Mother's day de Charles Kauffman

    ________________________________________________________________

    Petite révision de classique avant d'entamer très prochainement la vision du remake de ce même film par Darren Lynn Bouseman. Mother's day est un petit film d'horreur du tout début des années 80 réalisé par Charles Kaufman, le frère de l'emblématique et frappadingue patron de la firme Troma. Le film possède chez quelques spectateurs nostalgiques l'aura d'un film culte qui ne s'avère pas totalement usurpée mais fortement exagérée. En effet Mother's day reste une petite série B, fauchée et sympathique mais bien loin des grands classique du genre.

    Mother's day raconte l'histoire de trois anciennes copines de fac qui se retrouvent régulièrement afin d'entretenir la flamme de leur indéfectible amitié. Comme chaque année elles s'offrent un petit week-end surprise et se retrouvent cette fois ci pour camper dans une immense forêt. Elles ignorent simplement que tout au fond des bois vivent deux frangins totalement tarés vivant sous l'autorité d'une mère tout aussi dangereuse et cinglée que se deux rejetons.

    Mother's day de Charles Kauffman

    Mother's day sent bon la nostalgie de la bande VHS et des films d'horreur de cette époque avec son image granuleuse et son sujet aux aspérités bien rugueuses. Le film de Charles Kaufman est un mélange de survival, de slasher et de rape and revenge dans lequel plane les ombres de quelques films emblématiques de cette époque comme Vendredi 13, Last house on the left ou Texas chainsaw massacre. Les trois amies sont des jeunes adultes qui se comportent comme des adolescentes blagueuses et insouciantes comme dans de très nombreux slasher de cette époque et le film reprend la majorité des clichés du survival forestier avec l'arrêt à la dernière station, le faux sauveur providentiel ou la baraque paumée au fond des bois et de la civilisation. Là ou le film se démarque un peu par son originalité c'est dans son humour crasseux et dans le traitement réservée aux jeunes filles après leur capture puisque elles vont servir de cobayes à l'entrainement de psychopathes des deux frangins sous le commandement de leur chère môman lors de mise en situation grotesque. Une idée a priori amusante mais qui devient franchement glauque lorsque l'entrainement consiste à violer une des trois malheureuse habillée en petite fille. Si l'ambiance générale du film prête le plus souvent à sourire comme avec l'entrainement militaire des deux frères ou leur toilette à coups de désodorisant et de brossage de dents à la bière Mother's day garde une dimension bien plus maladive et malsaine avec notamment les pulsions matricides de certains personnages.

    Mother's day de Charles Kauffman

    Mais voilà Mother's day accuse aussi le poids des années et ses aspects comiques, pas toujours volontaires d'ailleurs, prennent le pas sur les aspérités de son concept bien barré. Les comédiens ne sont pas vraiment au top à commencer par les deux frangins interprétés par Frederick Coffin et Michael McCleery qui inspirent plus le sourire moqueur que la terreur des grandes figures du genre. Les trois personnages féminins ont également bien du mal à exister à l'écran et seule la mère des sauvageons interprétée par Beatrice Pons marque vraiment les esprits. Si le film demeure trente ans après sa sortie plutôt agréable à regarder il reste une petite série B certes avare en frissons et en gore malgré quelques meurtres gratinés mais carré dans sa mise en scène limitée par son budget. On pourra aussi s'amuser des aspects les plus stupides du film comme lorsque l'une des jeunes fille s'échappent difficilement par une fenêtre avant de revenir cinq minutes plus tard dans la pièce ou elle était captive par la porte (??) ou encore l'ultime sursaut du film aussi amusant que stupidement étrange.

    Incontestablement Mother's day possède bien plus de valeur pour la nostalgie qu'il provoque que pour ses véritables qualités cinématographiques. La marge de manœuvre et de de progrès semble donc immense pour le remake surtout que Darren Lynn Bouseman ne semble guère avoir conserver du film de Kaufman que le titre du film. Les deux films semblent tellement différents que l'appellation remake semble même pratiquement injustifié. Wait and see, la critique de Mother's day version 2000 viendra bientôt...

     

    Ma note : 05,5/10

      


    aucun commentaire
  •   ________________________________________________________________

    Hostel: Part III

    de Scott Spiegel

    USA (2011) – Horreur / Very bad tripes

    Hostel part 3 de Scott Spiegel

    _____________________________________________________________

    Après deux épisodes dont je ne suis pas particulièrement fan mais qui avaient le mérite d'aller au bout de leur sujet, la saga Hostel poursuit son chemin avec une exploitation direct pour le marché de la vidéo. Elie Roth n'occupe ici qu'une place honorifique de producteur et laisse à Scott Spiegel (réalisateur de Intruder et Une nuit en enfer 2) le soin de réaliser ce troisième volet. En gros le projet sentait bien le moisi et le résultat est tristement à la hauteur.

    Hostel part III raconte l'histoire d'une bande d'amis partis enterrer la vie de garçon de l'un d'entre eux à Las Vegas. La soirée va plutôt mal tourner et au petit matin l'un des quatre amis a mystérieusement disparu...

    Hostel part 3 de Scott Spiegel

    Et oui le pitch de départ de ce Hostel III ressemble furieusement à celui de Very bad trip la comédie de Todd Phillips sauf que cette fois ci le réveil des protagonistes va les conduire jusqu'à la mystérieuse organisation qui s'amuse à torturer des gens. Autant le dire tout de suite ce Hostel part III ne fait illusion que le temps de sa toute première séquence qui semble nous replonger vers les pays de l'est pour mieux nous surprendre et installer l'action dans la ville de tous les vices. Une fois passé cette petite surprise c'est « circulez y-a plus rien à voir ». Le film trimballe assez lourdement des personnages sans intérêt vers un décor unique de hangar servant de salle de spectacles à des gens fortunés venant non plus tuer et torturer mais simplement assister à des spectacles morbides. La seule idée un peu originale reste que ses spectateurs peuvent parier avec leurs ordinateurs sur le déroulement des séances de torture, mais franchement cela n'apporte strictement rien de neuf à l'histoire. On s'ennuie donc assez fermement devant ce troisième opus qui ne possède absolument pas les qualités formelles, sulfureuses et narratives des films de Eli Roth. Le fait même de déplacer l'action vers un Vegas ivre de spectacle dissous totalement l'ambiance glauque propre à la saga.

    Hostel part 3 de Scott Spiegel

    Pire encore, le film ne donne même pas le change au niveau de la violence sèche et maladive qui caractérise pourtant le genre. Ici on aura juste droit à un visage écorché, des insectes versés dans la bouche d'une malheureuse, un séance à la Guillaume Tell avec moins d'habileté et c'est à peu près tout. Pour ne rien arranger le film carbure aux effets numériques foireux digne des pires séries Z produites au kilomètre pour le marché de la vidéo. Scott Spiegel et son scénariste Michael Wess n'ont alors plus d'autre choix que de doper leur récit amorphe à coup de rebondissements aussi prévisible que indigestes. Le film foire même son final pourtant assez sombre avec une ultime pirouette scénaristique totalement ridicule.

    La saga Hostel perd donc ses étoiles à mesure qu'elle avance dans le temps. Les films de Eli Roth n'étaient pas des chef d'œuvres mais ils avaient le mérite de secouer les spectateurs en proposant un regard sur la marchandisation des corps et le mépris de la vie humaine. Cet Hostel 3 ressemble vraiment à un sordide taudis dans lequel personne n'aura envie de s'attarder et un triste DTV aussi opportuniste que mal foutu.

     

    Ma note 03/10

      


    aucun commentaire
  •   ______________________________________________________________

    Dead heads

    des frères Pierce

    USA (2011) – Comédie / Horreur / Zombédie

    Dead heads des Pierce brothers

    _______________________________________________________________

    La comédie à base de zombies à le vent en poupe depuis l'incontournable Shaun of the dead. Souvent imité mais rarement égalé le film de Edgar Wright aura inspiré un sacré nombre de films pour le meilleur (Zombie of mass destruction- Zombieland) comme pour le pire. Dead heads, dernier DVD Mad en date, est loin de se placer dans la haut du panier même si notre cher magazine tente encore une fois de nous faire passer ce film plus que médiocre pour une agréable série B.

    Dead heads c'est donc l'histoire d'un type qui se réveille sous la forme d'un zombie, mis à part une certaine décrépitude physique il a conservé la plupart de ses facultés dont la réflexion et la parole. Après avoir rencontré un autre type dans le même état que lui il décide d'aller retrouver sa copine pour lui déclarer sa flamme avec aux trousses militaires et scientifiques.

    Dead heads des Pierce brothers

    Dead heads est donc un road movie qui prend le point de vue originale des zombies pour tailler la route au sein d'une histoire entre horreur et comédie romantique. Ce sont en tout cas les intentions premières du film des frères Pierce qui pensaient sans doute que placer de manière classique deux potes au cœur d'une histoire de zombies lorgnerait trop visiblement du coté de Shaun of the dead. Mais finalement ce point de vue semblant original se dégonfle très vite car les deux héros ne sont pas des zombies pur jus mais des personnages chargés de maquillages bien trop bavard et finalement assez classique d'une mécanique de comédie. On a donc le gentil personnage amoureux et un peu gauche et son gentil pote adepte de la déconne. Au bout de quelques minutes on comprend déjà que le concept est un écran de fumée qui tente de faire passer une trame monstrueusement classique pour de l'originalité. Quand à l'histoire d'amour elle est clairement d'une banalité bien sirupeuse et d'un conformisme assez énervant.

    Dead heads des Pierce brothers

    Mais le pire c'est que Dead heads n'est pas drôle du tout... L'immense majorité des gags, des vannes et des répliques tombent à plat et ne surnage que le sentiment d'une facilité d'écriture digne d'un film de potes. Les personnages sont systématiquement caricaturaux et surchargés au point de tous devenir à l'écran des pantins ridicules s'agitant dans tous les sens pour tenter d'arracher un sourire. De la secrétaire coincée en passant par le gros dur et le pote volubile on es très loin de pouvoir trouver le moindre point d'encrage et d'identification. Les frères Pierce tentent bien de la jouer comédie référentielle pour geeks mais leurs clin d'œil sont tellement gratuit, tellement énormes, tellement préfabriqués qu'ils dénotent plus d'un soucis de séduire que d'une envie sincère de tendre vers l'hommage. C'est bien beau de citer Les goonies, Terminator au détour de dialogues, de mettre des images de Evil dead et de citer les films de Romero encore convient il de le faire avec une certaine finesse témoignant d'une culture plus que d'un étalage stérile de références aussi peu digérées. On a même droit à un long dialogue totalement crétin sur les manières de tuer les loups-garous et les vampires prouvant que les frères Pierce sont loin d'avoir les mêmes qualités d'écriture qu'un Kevin Smith.

    Dead heads des Pierce brothers

    Dead heads possède toutefois un bon sens du rythme, une jolie photographie pour un film à petit budget, quelques effets gores sympathiques et deux ou trois gags capables d'arracher un sourire. Pour le reste la mise en scène des deux frangins n'a vraiment rien d'exceptionnelle et leur sens du découpage laisse plus qu'à désirer lors des quelques scènes d'action du film. Le film des frères Pierce est donc bien loin de ses illustres modèles et son apparente originalité (on trouve déjà des zombies conscients et capables de parler dans Zombies anonymous) est loin d'en faire un film de qualité.

    L'année commence vraiment très bas pour le niveau des DVD Mad et on peut légitimement s'inquiéter de l'association du magazine avec ce grand pourvoyeurs de DTV moisis qu'est Emylia. La seule perspective positive c'est de voir en mars The woman comme DVDMad, pour le reste il faut vraiment espérer que cette liaison dangereuse ne dure pas trop longtemps.

    Ma note : 03/10

      


    aucun commentaire
  •   ____________________________________________________________

    Hugo Cabret

    de Martin Scorsese

    USA (2011) – Aventures / Comédie dramatique / Conte

    Hugo Cabret de Martin Scorsese

    _____________________________________________________________

    Bizarrement je n'étais pas spécialement attiré par ce nouveau film de Martin Scorsese et son histoire d'orphelin à la Dickens. La bande annonce laissait entrevoir la perspective d'un gros film familiale et peu mièvre dans lequel la patte du réalisateur de Taxi Driver, Les affranchis, Casino ou Gangs of New-York semblait totalement s'être diluée dans des contraintes grand public. Il restait juste la curiosité de voir ce que cet immense réalisateur allait faire avec la 3D relief et l'intérêt pour l'hommage à Georges Mélies.

    Hugo Cabret est un orphelin de douze ans qui vit dans les entrailles d'une gare dont il remonte régulièrement le mécanisme des horloges. Il ne lui reste de son père qu'un mystérieux automate qu'il tente vainement de faire fonctionner. Sa rencontre avec un vieux marchand de jouet et une jeune fille va alors bouleverser sa vie et lui permettre de trouver sa place dans la monde.

    Hugo Cabret de Martin Scorsese

    Hugo Cabret est bel et bien une petit merveille qui sans être dénué de défauts permet à Scorsese de rendre un superbe hommage à la magie du cinéma et plus particulièrement à ses pionniers et précurseurs comme les frères Lumière et bien évidemment Mélies. On regrettera juste un peu que le cœur du film et ce vibrant message d'amour de Scorsese à la magie du cinéma arrive un peu trop tard dans le récit après une première partie, certes brillante, mais un peu trop longue autour de l'automate. Les intrigues secondaires et petites histoires qui gravitent autour du film ne sont pas non plus vraiment passionnantes que ce soit l'histoire d'amour entre le policier de la gare et la fleuriste ou celle entre le gros monsieur et la dame avec son chien. Ce serait fortement exagérer de parler d'ennui mais le film laisse tout de même le sentiment de perdre beaucoup de temps à des choses bien moins captivante que ce qui fait pourtant son essence et sa raison d'être. On ressort juste de Hugo Cabret avec le regret que Sorsese n'est pas encore plus centré son attention et son récit sur les pionniers du cinéma puisque c'est de loin l'aspect le plus fascinant et brillant de son film.

    Hugo Cabret de Martin Scorsese

    Car Hugo Cabret est un film qui transpire de l'amour du cinéma et de tous ceux qui consacrent leurs vies à tenter de faire rêver le monde. Dés l'instant que Sorsese aborde les thématiques du cinéma, de ses créateurs, de l'imaginaire, Hugo Cabret devient absolument génial, intense et émouvant. Sur l'écran se télescope et se fondent des images que plus d'un siècle sépare avec pourtant une idée, une envie qui n'a pas changée depuis plus de cent ans, faire vibrer, rire, émouvoir et rêver les spectateurs. Il est toujours bon de voir et revoir sur l'immense toile blanche de l'écran d'un mulptiplex gavé de blockbusters bruyant et synthétiques les visages de Charlie Chaplin, Buster Keaton, Harold Lloyd, Louise Brooks et les images de Melies. Les plus beaux moments du film de Scorsese sont incontestablement ceux ou le réalisateur reprend les images de Melies avec la technologie actuelle, il y-a alors un je ne sais quoi de fascinant et émouvant à voir des instantanés des films de Georges Melies avec des couleurs étincelantes et en relief. La folie, la poésie et la créativité de Melies semblent alors totalement intemporelle et assez étrangement ces images vieilles de plus de cent ans sont plus fascinantes que celles de Scorsese lui même. L'image emblématique de l'œuvre de Melies avec ce visage de lune avec une fusée plantée dans l'œil demeure assez paradoxalement plus spectaculaire, inventive que le pourtant spectaculaire déraillement du train filmé par Scorsese. Comme si nous avions perdu en émerveillement et en magie tout ce que le cinéma nous a fait gagner en matière de réalisme avec les effets spéciaux numériques. Au détour d'une scène Martin Scorsese montre de manière symbolique la dématérialisation du cinéma lorsque Melies brûle ses décors, ses costumes et les autres éléments de ses film.... Pourtant les moments les plus émouvants du film prennent souvent corps par l'objet comme les feuilles de croquis qui s'envolent, le bruit du projecteur, les décors en carton, les livres.

    Hugo Cabret de Martin Scorsese

    A travers le regard de ce gamin orphelin fasciné par le septième art et qui va finir par trouver sa place dans les rouages du monde il est évident que Martin Scorsese parle de sa propre enfance et de sa passion encyclopédique pour le cinéma. C'est le jeune Asa Butterfield qui incarne Hugo Cabret et le comédien en herbe s'en sort plutôt bien tenant la distance face à un sacré casting réunissant Ben Kingsley, Chloe Grace Moretz (Hit girl forever), Sacha Baron « Borat » Coen, Jude Law, Ray Winstone, Helen McCrory et dans un rôle bien trops secondaire l'immense et légendaire Christopher Lee. Hugo Cabret est un très joli conte de noël qui devrait plaire aux plus jeunes pour ses aspects de film d'aventures et son humour, séduire les plus grands par sa richesse et sa beauté et fasciné les plus cinéphiles pour les nombreuses thématiques passionnantes qu'il aborde à travers ses références. Martin Scorsese multiplie les clin d'œil littéraires et cinématographiques à Dickens, Jules Verne, Stevenson mais aussi Chaplin ou Keaton qui vont trouver directement écho dans le récit du film. On pourra par exemple s'amuser à trouver les nombreuses correspondances entres les extraits de vieux films que Sorsese utilise et les images de Hugo Cabret de la figure de l'orphelin reprise par un extrait de The kid à la scène de l'horloge faisant référence à Harrold Lloyd en passant par le chef de gare accroché au train comme Buster Keaton dans Le mécano de la général ou encore le déraillement du train tentant de faire autant d'effet que la simple arrivée d'un autre train en gare de la Ciotat plus de 110 ans plus tôt.

    Hugo Cabret de Martin Scorsese

    Et pour terminer comment ne pas saluer la manière à la fois inventive, poétique, immersive et drôle avec laquelle Martin Scorsese utilise la 3D. Même si cela semble une vérité de La Palice Hugo Cabret confirme que le relief devient un formidable élément narratif dès l'instant qu'il se retrouve au service d'un grand réalisateur et non d'un producteur l'utilisant comme un plus marketing. Dès la première scène et son formidable traveling avant nous plongeant au cœur de la gare Scorsese utilise la 3D avec plus d'efficacité et d'intelligence que bon nombres de films avant lui. Les séquences dans les rouages des machineries des horloges sont extraordinaire, tout comme les visions de Paris sous la neige ou encore les images directement issus de l'imaginaire de Melies trouvant ici une toute nouvelle dimension. Scorses utilise même la 3D comme un pur élément de comédie lorsque la trogne de Sacha Baron Coen semble sortir de l'écran et envahir la salle à mesure qu'il s'approche pour réprimander Hugo Cabret. C'est bien simple Hugo Cabret se place illico comme l'une des plus belles expériences 3d avec Avatar, Tintin et Le drôle de noël de Scroodge

    Hugo Cabret est donc un formidable conte de noël, un grand divertissement familiale, intelligent et graphiquemnt magnifique. Le film est aussi ,et peut être même surtout, le formidable hommage d'un immense cinéaste à la passion des artisans su septième art et des des faiseurs de rêves.

     

    Ma note : 09/10

      


    1 commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires