• La belle et la bête de Christophe Gans

     

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    La belle et la bête

     

    de Christophe Gans

     

    France – 2014 - Fantastique

     

    La belle et la bête de Christophe Gans

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    Il aura donc fallut attendre presque 10 ans après Silent hill pour retrouver le talentueux Christophe Gans à la réalisation d'un nouveau long métrage. Avec cette nouvelle adaptation du conte de Madame de Villeneuve datant de 1740, le réalisateur du Pacte des loups revenait donc sur les écrans avec la promesses d'un cinéma fantastique français à la fois spectaculaire, exigeant et populaire. Malheureusement,et malgré la sincérité et la générosité toujours évidente de Gans, rien ne fonctionne vraiment dans cette nouvelle version de La belle et la bête. Le film s'avère même être pour un admirateur de Gans comme je le suis une franche et cruelle déception.

    L'histoire, bien ancrée dans l'imaginaire collectif, tout le monde la connaît … La belle et la bête est un conte dans lequel une jeune fille se retrouve contrainte pour sauver son père de cohabiter dans un immense château avec un prince transformé en bête à la suite d'une malédiction que seul l'amour pourra défaire...

     

    La belle et la bête de Christophe Gans

    La plus belle satisfaction qu'apporte La belle et la bête tient sans doute à l'amour que porte Christophe Gans envers tout ce que le cinéma français sacrifie encore trop souvent à savoir l'image, la technique, la direction artistique et l'esthétique. Quoi que souvent un poil trop chargée et envahit d'imagerie numérique, La belle et la bête est un film graphiquement séduisant dans lequel transpire avec toujours autant de dévotion l'amour de Gans pour le cinéma. Malheureusement même sur cet aspect le plus positif le film n'est pas exempt de reproche, car à trop vouloir en faire, la surcharge tourne parfois à l'esthétique un peu kitsch et rococo d'une imagerie trop ampoulée. Comme dans un grand livre de papier glacé la photographie est un peu trop lisse et tout semble d'un coup trop beau, trop coloré, trop brillant ...Certains effets spéciaux numériques un poil trop voyants prêtent aussi à discussion comme les transparence hésitantes lors des attaques des géants de pierre … Si globalement le film reste un pur plaisir pour les yeux, il s'en dégage aussi la sensation un peu froide d'une œuvre plus pompière que vraiment baroque.

     

    La belle et la bête de Christophe Gans

    Mais le plus décevant est au cœur du récit, car jamais Christophe Gans ne parvient à insuffler un peu d'âme, un peu d'amour, de mystère, de poésie et de romance à cette histoire qui par essence devrait en être rempli jusqu'à la gueule. Pas une seule seconde le film parvient à nous faire croire au lent rapprochement amoureux entre Belle et la bête car jamais Christophe Gans ne donne aux personnages la possibilité et surtout le temps de vraiment s'apprivoiser et faire naître ainsi le trouble d'une relation amoureuse contre nature. Belle ne découvrira pas lentement l'humanité qui se cache derrière la bête mais se verra offrir clefs en main la véritable nature de la bête (Un joli prince victime d'une malédiction) à travers une série de rêves qui agissent comme autant de flashback plus bassement explicatifs que véritablement oniriques. On a même l'étrange sensation que le cœur de cette romance n'occupe finalement qu'une partie infime d'un récit rempli de digressions assez inutiles. On se demande par exemple à quoi servent les petites créatures aux grands yeux ronds qui peuplent la chambre de belle si ce n'est séduire un jeune public avec des gentils toutous crô-mignons ressemblant à des jouets Pet shop... Car l'intention louable d'offrir un grand spectacle populaire semble parfois pousser Christophe Gans à lisser son propos limitant l'aspect bestial du prince maudit tout comme la tension sexuelle entre Belle et la bête. L'envie de plaire à tous donne la sensation d'un film balisé qui reste toujours dans les clous et qui explique et surligne souvent ses intentions et son récit plutôt que de venir titiller l'imaginaire des spectateurs. En plus de manquer de ferveur romantique, La belle et la bête manque aussi malheureusement très souvent de magie.

     

    La belle et la bête de Christophe Gans

    Les personnages et la direction des acteurs est aussi particulièrement décevante, encore que ce ne soit qu'une demi-surprise de la part de Gans, à l'image d'une Léa Seydoux limite potiche qui se contente d'être belle dans de très beaux costumes alors que l'actrice peut être magnifique et lumineuse comme dans La vie d'Adéle. André Dussolier semble être lui aussi au registre minimum durant tout le film, Eduardo Noriega surjoue de manière caricatural le méchant de service avec un personnage totalement inutile et Audrey Lamy dans un second rôle bassement comique s'avère être complètement tête à claques. Difficile donc de trouver un personnage auquel s'accrocher un peu et seul le charisme naturel de Vincent Cassel surnage malgré un rôle dans lequel il n'a objectivement lui aussi pas grand chose à défendre.

     

    La belle et la bête de Christophe Gans

    Visuellement séduisant bien que parfois un poil artificiel et ampoulé, La belle et la bête manque surtout de tout ce qui fait l'essence des contes à savoir, la poésie, le mystère, la magie et la romance. La belle et la bête, tout en proposant un spectacle visuel des plus respectable demeure la plus grosse déception de la jeune carrière de Christophe Gans.

     

    Ma note 06/10

     

     

     

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