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    Le dernier monde cannibale (Ultimo mondo cannibal)

    de Ruggero Deodato

    Italie (1977) Aventures/ Horreur/ Amuse bouche

    Le dernier monde cannibale de Ruggero Deodato

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    Trois ans avant son film culte à l'aura sulfureuse Cannibal holocaust, le réalisateur italien Ruggero Deodato explorait déjà le monde des mangeurs d'hommes avec Ultimo mondo cannibal. Une sorte de premier essais et de mise en bouche légère avant le grand festin anthropophage et sa multitude de films dérivés.

     Le dernier monde cannibale est basé sur un récit authentique de Robert Harper relatant sa découverte d'une tribu vivant encore à l'age de pierre en plein cœur de la jungle de Midanao. On suit donc le périple de 4 personnages dont Robert Harper interprété ici par Massimo Foschi après un atterrissage un peu brutal de leur avion sur l'île de Mindanao. Venus à la rencontre de quelques explorateurs vivant dans un campement sur cette même île, nos aventuriers ne trouveront que des tentes vides. La nuit tombée ils seront alors agresser par une mystérieuse tribu et très vite ils seront séparés et perdus dans la jungle. Robert Harper est alors capturés par une tribu primitive pour être soumis à leur rites et leur mode de vie ancestral...

     Le dernier monde cannibale de Ruggero Deodato

    Le dernier monde cannibale est un film classique dans le sens ou Ruggero Deodato n'utilise pas ici le procédé du documenteur et du found footage. Le film est d'ailleurs proche des standards d'un film d'aventures dont la jungle serait le personnage principale avec toutefois quelques gros morceaux trash à l'intérieur. Bien moins extrême et radicale que Cannibal holocaust, ce premier film permet à Deodato de poser les bases du genre à travers un récit dans lequel les éléments gores sont finalement assez peu nombreux. L'axe narratif du Dernier monde cannibale est clairement de plonger un homme civilisé dans des conditions extrêmes comme pour révéler que la prétendue barbarie des primitifs n'est que l'assurance de leur survie. Après avoir été retenu captif, mis à nu, perdu et affamé le personnage de Robert Harper retrouvera des comportement lui aussi dictés par son instincts animal et son désir de survie. Ruggero Deaodato peut alors filmer les rituels et les coutumes de cette tribu avec visiblement un grand soucis de réalisme (la part anthropologique étant toujours assez flou) en posant un regard dénué de tout jugement.

     Le dernier monde cannibale, contrairement à de nombreux films qui viendront plus tard, n'existe pas seulement sur ses moments les plus extrêmes. Deodato livre même quelques très jolis moments de tension comme l'arrivée de Robert Harper dans la tribu avec une multitudes de primitifs postés, inquiétants et immobiles sur le flanc de rochers (on penserait presque à Vinyan) ou encore une belle contre plongée du fond d'un gouffre avec deux silhouettes qui se découpent comme des ombres étranges sur un ciel bleu. De vrais efforts de mise en scène pour un récit multiple dans lequel Deodato greffe des éléments d'aventures, de romance et même de comédie. Massimo Foschi livre une belle prestation de comédien totalement mis à nu sous l'objectif de Deodato, l'acteur parvient à montrer par son regard toute l'intensité, la rage et le désespoir de cet homme contraint de retrouver son animalité pour survivre.

    Le dernier monde cannibale de Ruggero Deodato

     Mais Le dernier monde cannibale comporte également son lot de séquences chocs et polémiques comme tout film de cannibales qui se respecte. Outres les traditionnelles séquences d'anthropophagie gore à base de viande cru et d'abats on retrouve les passages obligés du genre avec nudité frontale et tripatouillage de l'élastique, viol et cruauté avec une séquence assez hallucinante d'un accouchement au bord d'une rivière qui se termine par le sacrifice du fœtus encore chaud jeter directement aux crocodiles. Le plus dérangeant restant encore et toujours les scènes montrant les mise à mort bien réelles d'animaux avec ici un crocodile dépecé quasiment vivant. Difficile de vraiment cautionner et justifier ce type de séquences chocs au voyeurisme malsain, il convient juste de se souvenir que Deodato a souvent expliqué qu'il n'avait pas provoquer de mise à mort pour le plaisir de l'image mais qu'il avait nourrit ses films de rituels qui se déroulaient sous ses yeux. Quoi qu'il en soit il est bien difficile d'approuver cette pratique d'un autre temps qui deviendra au fil du temps et des films de plus en plus gratuite.

     Le dernier monde cannibale est donc un solide film d'aventures dans lequel le cannibalisme n'est pas encore tout à fait un prétexte à un étalage discontinu de barbarie comme dans les futurs films chocs de Lenzi. Précurseur de tout un pan du cinéma d'exploitation italien des années quatre-vingt, Ultimu mondo cannibal convient vraiment d'être redécouvert tant il fait figure de socle à toute une flopée de futurs films chocs.

     

    Ma note : 07/10

      

      


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    La momie Aztèque ( La momia azteca)

    de Rafael Portillo

    Mexique (1957) – Fantastique

    La momie Azteque de Rafael Portillo

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    La momie aztèque est le premier gros succès fantastique du cinéma méxicain. Fort de ce succès, le film connaitra deux suites avec La malédiction de la momie aztèque et le prometteur La momie aztèque contre le robot. Le film de Rafael Portillo est un délicieux mélange un peu kitsch d'humour,de fantastique, de serial et de film de gangsters.

     Le film raconte comment un petit groupe de scientifiques tente de prouver la véracité de leurs travaux sur l'hypnose permettant de revivre des vies antérieures. A la suite d'une nouvelle expérience et afin d'apporter une preuve tangible, ils se mettent en quête de retrouver un objet perdu dans un temple aztèque. Malheureusement en profanant cette sépulture sacrée ils vont réveiller une malédiction vielle de plus de 400 ans.

    La momie Azteque de Rafael Portillo

     La momie aztèque est un sympathique petit film dans lequel on retrouve des réminiscences des classiques de Universal et des films de gangsters hollywoodien. Car finalement la première déception vient du fait que le film de Rafael Portillo, hormis son cadre culturel très marqué, ne semble pas particulièrement exotique. On suit donc avec un certain plaisir les expériences d'hypnose régressive, l'exploration du temple aztèque et le réveil, bien que trop tardif de la momie. En effet l'élément purement fantastique du film n'arrive que lors des vingt dernières minutes du métrage, ce qui est assez frustrant pour les amateurs de monstres qui aurait aimé que la momie aztèque frite les scientifiques et pas seulement pour le plaisir du jeu de mots. C'est d'autant plus dommageable que cette momie possède un look bien particulier et étrange entre le zombie et la créature de Frankenstein, bien loin de la figure habituelle du cadavre en bandelettes. Heureusement pour maintenir l'intérêt le film de Rafael Portillo s'articule également autour d'une sous intrigue impliquant un mystérieux voleur masqué surnommé la chauve souris (un ancêtre de Batman qui a visiblement abusé des tacos) et sa bande de malfaiteurs composés de malfrats à cravates à pois et chapeaux mous. Le film n'est pas non plus dénué d'humour grâce au personnage de Pinacate, un sorte de grand dadais maladroit et trouillard au faciès particulièrement expressif.

     La momie Azteque de Rafael Portillo

    La momie aztèque est un film qui est bourré de petits défauts, si certains participent pleinement aux charmes de ce type de vieille productions d'autres sont bien plus rébarbatifs. On s'amusera donc de cette pauvre chouette empaillée aux mouvements d'ailes des plus mécaniques, à la reconstitution de la civilisation Inca se limitant à un dessin sur un carton, au coups de gong annonçant un danger et à la résolution de l'identité de l'homme chauve souris expédié en trois secondes chrono. Il est bien plus difficile de résister à la très longue séquence de la cérémonie dans le temple Inca, un flashback qui explique la naissance de la momie mais qui ressemble à un interminable spectacle de danse et musique folklorique. La momie aztèque souffre donc surtout de son manque de rythme et d'un dosage bien mal réparti entre les scènes anecdotiques et les moments plus fort.

     La momie aztèque reste donc une petite curiosité fantastique finalement très agréable à regarder pour peu que l'on soit encore capable de s'abandonner aux charmes de ses vieilles productions.

     

    Ma note : 06/10

     


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