• The Green Inferno de Eli Roth

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    The Green Inferno

    de Eli Roth 

    USA - 2013 - Horreur 

    The Green Inferno de Eli Roth

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    Disponible uniquement en VOD presque deux ans après être terminé , The Green Inferno est un pur film de fanboy signé Eli Roth qui rend ici hommage au genre souvent décrié du film de cannibales italien et plus particulièrement à Ruggero Deodato (Cannibal holocaust) à qui le film est tout bonnement dédié.

     

    Dans The green Inferno nous suivons un petit groupe d'activistes écologistes qui se rendent au Pérou pour tenter via internet un coup médiatique et permettre ainsi de sauver un village d'indigènes menacés par la déforestation orchestrée par une compagnie pétrolière. Sur le chemin du retour leur petit avion s'écrase et ils se retrouvent directement confrontés à la tribu qu'ils étaient pourtant venus sauver à savoir des anthropophages et cannibales bien content de recevoir une cargaison de viande toute fraîche venu des USA.

     

    The Green Inferno de Eli Roth

     

    Si Eli Roth s'en va bel et bien flirter du coté obscur du bis italiens il le fait toutefois du bout des doigts délaissant les aspects les plus ouvertement crapoteux et polémiques de films tels que Cannibal Ferox ou Cannibal holocaust comme l'aspect sexuel du rapport à la chair et surtout la mise à mort d'animaux... Sans tomber dans le snuff movie de bas étage (il n'est évidement pas question d'encourager Eli Roth à filmer la mise à mort réel d'un animal), il est étonnant de voir que The Green Inferno élude poliment cet élément très polémique qui fait pourtant partie intégrante du genre auquel il est censé rendre hommage. Si le film est épisodiquement bien gore et qu'il réserve de vrais moments de tensions comme l'arrivée au village, il reste également très éloigné des débordements et de l'horreur viscérale et crapoteuse des bis italiens réalisés par Lenzi ou Deodato qui provoquaient souvent un choc interrogeant le spectateur sur son propre voyeurisme.

     

    On pourra toutefois trouver assez amusante et politiquement incorrect l'idée de plonger quelques altermondialiste aux grands cœurs dans les griffes et les mâchoires de ceux qu'ils défendaient plus tôt dans le film, mais le propos politique de The Green Inferno reste globalement et au final assez flou. Le leader de ses jeunes activistes se révèle au bout du compte être un salaud vendu au capitalisme de première ordre et Eli Roth en rajoute des couches et des couches pour en faire une caricature d'arriviste sans le moindre scrupule et capable de littéralement se branler sur le malheur des autres. Eli Roth fustige t-il violemment les idéaux, l'engagement, les belles idées altermondialistes sur le registre du tous pourris ou s'interroge t-il seulement sur l'engagement idéalistes à le défense de causes et de gens qui n'ont rien demandé et sont culturellement à mille coudées de nos préoccupations pétris de bonne conscience idéologiques ?. Le revirement finale de l'héroïne laisse l'impression d'un message assez ambigu qui prête en tout cas au débat et à la polémique...  C'est incontestablement un des atouts de ce film, loin des robinets d'eau tiède et des morales pré-digérée que livre trop souvent le cinéma actuel.

     

    The Green Inferno de Eli Roth

     

    Mais malheureusement, cela ne suffit pas du tout à faire de The Green Inferno un bon film, car Eli Roth plombe son film sur de nombreux points à commencer par une exposition bien trop longue avec une galerie de personnages bien tête à claques comme la lesbienne tatouée, le fumeur de joints, le bon gros nounours bien gentil, la blonde hypocondriaque, le trouillard de service, la fille jalouse et méchante etc etc . Il faudra aussi faire avec un humour potache et bas du front souvent totalement hors sujet ( La diarrhée, l'enfumage des villageois ) et des séquences ratés et même complètement Z comme la scène des fourmis ou le cauchemar finale tout moisi de l'héroïne.... Des défauts que les plus indulgents mettront au crédit de l'aspect bis du film, mais qui sont aussi le signe des carences régulières des films de Roth et d'un certain cynisme de la part du réalisateur.

     

    The Green Inferno est donc bien loin d'être le digne héritier du Cannibal Holocaust de Deodato, tout au plus il en est un lointain cousin consanguin un peu dégénéré et adeptes des blagues de mauvais goût. On trouve donc du bon et du franchement moins bon dans The Green Inferno, le film offre toutefois un petit coté revival pas désagréable du bis italien et des interrogations en pagaille sur ses intentions politiques, ce qui n'est déjà pas si mal.

     

     

    Ma note 05/10

     

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  • Commentaires

    1
    geouf
    Vendredi 5 Février 2016 à 13:32

    Encore une fois, je ne suis pas trop d'accord avec ton avis. J'apprehendais le visionnage du film, n'etant pas trop friand de cannibaleries pelliculees, mais j'ai ete tres agreablement surpris. Je ne trouve pas que l'exposition soit trop longue, bien au contraire, comme dans Hostel elle participe enormement au choc de l'horreur qui suit. A vrai dire, ce que je pourrais reprocher c'est justement le message politique un peu gentillet (surtout les histoires d'excision qui semblent appartenir a un autre film) et le final certes ambigu mais dont la logique m'echappe.

    2
    Vendredi 5 Février 2016 à 17:28

    Moi le film m'a laissé de marbre ... 

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