Cinéma - DVD - Critiques
Harper's island est une mini série de treize épisodes créé par Ari Schlossberg connu essentiellement pour être le scénariste du très moyen Trouble jeu avec Robert De Niro et Dakota Fanning sorti en 2005. Cette série unique, écrite et pensé pour une seule saison est une sorte de thriller horrifique lorgnant du coté du slasher et whodunit.
Harper's island raconte donc l'histoire d'un couple accompagné d'une bande d'amis et de leurs familles respective qui se rendent sur l'île de leur enfance afin d'y célébrer leur mariage. Cette île fut des années auparavant le théâtre d'une série de crimes horribles perpétrés par un psychopathe dénommé John Wakefield lequel serait mort sous les balles du shérif local. Pourtant très vite des invités commencent à disparaître et l'ombre de Wakefield recommence à rôder sur les lieux comme réveiller par le retour de quelques anciens habitants comme la fille du shérif. Lorsque les morts commencent à devenir plus régulière les amitiés se fissurent, le passé remonte à la surface et tout les invités deviennent de potentiels suspects....

Harper's island est donc sur le papier une alléchante déclinaison des dix petits nègres avec un esprit hérité d'un bon vieux slasher. Malheureusement les références de Harper's island niveau slasher se trouve bien plus du cotè des productions des années 90 du type Souviens toi l'été dernier que vers les glorieuse années 80. La série est donc relativement soft au niveau de l'horreur et remet au goût du jour le casting passe partout de jeunes premiers bien lisses incarnant des personnages sans grande épaisseur et dans l'ensemble assez caricaturaux. Quand au suspens il ne résistera pas très longtemps aux adeptes les plus malins du genre qui devineront sans doute vers la moitié de la série l'identité du tueur. Les scénaristes auront beau nous trimballer comme le veux le genre vers de nombreuses fausse piste, les amateurs les plus tordus comme moi auront vite fait de dénicher chez le plus improbables des suspects le coupable tout à fait idéal. Quand aux motivations du tueur qui seront largement expliquées lors des derniers épisodes, elles ne pourront que laisser perplexe voir franchement dubitatif dans le registre de la psychologie de bazar.

Harper's island souffre aussi de trop nombreux défauts d'écriture et de quelques invraisemblances assez énervantes. Ainsi lors des cinq premiers épisodes on voit des personnages disparaître ou se faire tuer sans que les autres protagonistes ne s'inquiètent outre mesure alors qu'ils sont des proches et des amis. Les scénaristes utilisant toujours la pirouette du « bah il a du quitter l'île » pour justifier l'indifférence général des autres personnages. On s'interroge également sur l'île proprement dites qui semble habité durant les premiers épisodes avec de nombreux bateaux à quai, un journal local, des hôtels, un bar avec de nombreux clients puis brusquement déserte lors des derniers épisodes comme si la vingtaine de personnages principaux étaient soudainement les seuls habitants de l'endroit. Quand aux personnages principaux et secondaires de la série, ils manquent tous d'une profondeur de caractère assez flagrante et parfois contradictoire comme pour Madison la petite fille qui semble posséder des pouvoirs psychique lors de quelques épisodes mais qui ne serviront jamais à l'histoire. Quand aux nombreuses sous intrigue sentimentale digne d'un Côte ouest, elles ne feront qu'alourdir le récit en introduisant des fausses pistes de suspects de carton agissant par jalousie ou dépit amoureux. On comprendras surtout l'échec de Harper's island lors de la mort de quelques personnages principaux qui en dépit d'un développement sur plus de dix heures ne parviendront jamais à être émouvante.

Le casting de Harper's Island ne comporte pas de têtes d'affiches et reste dans l'ensemble assez solide, du moins dans le registre du slasher post-scream. Dans un des bonus DVD de la série les créateurs de la série confesse avoir choisit un casting répondant à des critères de télé réalité dans lequel les personnages doivent être immédiatement reconnaissable de par leur physique et un ou deux gros traits de caractères. Un aveu étonnant qui mine de rien en dit long sur les ambitions de la série... Du coup il est vraiment difficile de dégager un personnage plus emblématique ou attachant que les autres et selon son humeur on pourras donc louer l'homogénéité du casting ou critiquer combien il reste informe et totalement lisse. Il est amusant de constater d'ailleurs que la série fonctionne un peu comme une émission de télé réalité avec un candidat qui disparaît à chaque épisodes. On a donc droit à la mariée, son gentil fiancée, la grande gueule rigolote, le black, le gros, la blonde, le père de la mariè, le shérif, la petite fille, l'amour d'enfance, le ténébreux gothique, le bad guy local ...... On mémorise de ce fait plus souvent les personnages par leur fonction que par leur nom et si dans l'ensemble les acteurs sont plus que corrects on a jamais la possibilité de s'attacher vraiment à un personnage y compris parmi les principaux.

Au bout du compte Harper's island reste une petite série pas tout à fait désagréable à regarder mais qui ne parvient jamais à être immersive au point d'en devenir accroc avec l'envie de toujours regarder un épisode de plus. Il suffit d'imaginer Souviens toi l'été dernier étiré sur une dizaine d'heures pour avoir une petite idée de la série, c'est peut être pas l'expérience la plus motivante qui soit mais c'est toujours mieux que 200 heures de petite maison dans la prairie.
Ma note 05/10 ![]()