Cinéma - DVD - Critiques
On a pas toujours le temps, l'envie ou simplement la matière à faire une longue critique très argumentée des films que l'on voit. Du coup cette petite rubrique qui est la petite sœur de la semaine en vrac de DVDrama, passera en revue pour un très rapide regard critique les différents films vus durant la semaine écoulé. Une sorte de bilan hebdomadaire rapide justifiant ce titre magnifiquement pensé et réfléchit de de semaine express.
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A l'affiche cette semaine :




________ Le petit Nicolas de Laurent Tirard - 2010 __________________________________________________
S'il fallait résumé le film sur un seul adjectif je choisirais celui de sympathique, même si pour certain il possède une dimension assez péjorative. L'adaptation de la bande dessiné de Sempé et Goscinny est plutôt une jolie réussite qui se place dans la catégorie des bons divertissement familiaux avec aussi tout ce que cela sous entend aussi de conformisme.
Le film de Laurent Tirard nous replonge avec délice vers l'enfance avec juste ce qu'il faut de caricature et de justesse pour titiller la fibre nostalgique, les gamins sont des archétypes des grands caractères avec le gros dur, le premier de la classe, le gros goinfre, le petit malin, le fils à papa, le cancre et tout fonctionne à merveille comme le couple que forme Valérie Lemercier et Kad Merad. Il faut aussi saluer un très joli casting avec de nombreux seconds rôles bien choisit comme Anemone en institutrice pète sec, Serge Riaboukine en garagiste, l'excellent François Damiens en voisin et Gerard Jugnot pour une courte apparition assez amusante. Ce serait mentir de dire que le film est hilarant et qu'on passe son temps à se taper sur les cuisses mais pour peu qu'on se laisse porter par cet univers on passe 90 minutes avec la banane aux lèvres.
__________________________________________________________________________________ Ma note 07/10 _________
_______ On n'est pas des marques de vélo de Jean-Pierre Thorn- 2003 ___________________________
Pas facile de juger un film documentaire engagé avec sept ans de retard surtout lorsqu'il traite avec militantisme d'une loi aujourd'hui officiellement abrogée à savoir la double peine. Le film raconte l'histoire de Bouda un jeune danseur Hip Hop condamné par cette hérésie administrative à l'expulsion vers un pays qu'il avait quitté à l'age de 4 mois après avoir déjà purgé sa peine de prison en France. Si le film reste toujours aussi intéressant aujourd'hui c'est surtout pour le regard chaleureux qu'il porte sur le début du phénomène Hip Hop et du rap en France au début des années 80. Une image saisissante de vitalité d'une jeunesse qui voulait tout bousculer simplement par son art. L'occasion de remettre en lumière des acteurs pas fatalement très connus et évidents dans la naissance du Hip Hop en France comme TF1 qui offrait à Sidney une émission entièrement dédié à la culture urbaine des cités et Paco Rabanne qui prêtait ses locaux à l'expression de jeunes danseurs et artistes. On retrouve aussi Kool Shen évoquant avec nostalgie les prémices d'un mouvement culturel pas encore gangréné par des enjeux financiers. Le film est aussi particulièrement émouvant lorsqu'il donne la parole au père et à la sœur de Bouda effondrés d'un système judiciaire à deux vitesse. Dommage que le film soit plombé par des longues séquences de danse Hip Hop avec des chorégraphies assez lourdes genre espace culturel de danse contemporaine.
__________________________________________________________________________________ Ma note 06/10 _________
_______ Le coach de Olivier Doran - 2008 _____________________________________________________________
Encore une comédie française sympathique et plutôt réussis ce qui d'une façon moins positive pourrait s'écrire, encore une comédie sans surprises mais qui passe le temps. Le duo entre Jean-Paul Rouve et Richard Berry fonctionne à merveille sur une dynamique à la Weber entre un lunaire maladroit et un pragmatique plus froid. Le film s'articule sur un script sans surprise qu'on aurait aimé plus méchant vis à vis de son regard sur les rapports de force dans une entreprise mais l'abattage des acteurs et la mécanique bien huilée des dialogues font passer sans problème les petites imperfections du récit. Seul l'aspect romantique du film est plus discutable et un poil foireux mais c'est presque devenu habituel dans les comédies françaises. Le coach est loin d'être un grand film mais une petite comèdie française devant laquelle on se souffle pas en regardant l'heure c'est déjà pas si mal .
__________________________________________________________________________________ Ma note 06/10 _________
_______ The devil's chair de Adam Mason - 2008 _____________________________________________________
The devil's chair est un film bien étrange et difficile à critiquer tant il ne tient qu'à ses dix dernières petites minutes dont la force est paradoxalement conditionné par la connerie assez abyssale des 80 longues minutes qui les précède. Cette histoire de chaise maudite dans un asile de fous désaffecté est juste monstrueusement mauvaise que ce soit dans le fond que dans la forme. Adam Mason utilise des trucs branchouilles de mise en scène comme des tonnes images fixes comme si soudain le film se mettait sur pause, des effets de montage et une voix off omniprésente racontant constamment les pensées finaudes du personnage principale qui lorsque qu'une femme lui demande si ça va pense illico « ça irait mieux si je voyais tes nichons ». Les dialogues sont d'ailleurs d'une vulgarité assez crasse pour faire mauvais genre, les situations souvent grotesque et les acteurs mauvais comme des cochons. Cerise sur le gâteau le personnage interpelle parfois directement le spectateur à la limite de l'insulte et démonte de l'intérieur le film en le traitant de navet, c'est assez étonnant d'entendre d'un seul coup le personnage dire aux spectateurs un truc du genre « Mais vous en avez pas marre de regarder cette merde qui ressemble à rien, le script est mauvais , les acteurs sont nases, de toute façon vous voulez juste voir du sang , vous êtes des tarés (??) ».
Difficile de croire à une histoire déjà passablement nase lorsqu'en plus on ne fait strictement rien pour nous faire croire à l'univers mis en place.... Il reste la pirouette final, le pseudo twist qui donne enfin une certaine cohérence à l'ensemble, d'un coup la violence devient plus cru, plus sèche ,les acteurs semblent enfin crédible avec une mention spécial à Andrew Howard assez impressionnant dans le registre de la folie furieuse. C'est comme si Adam Mason avait voulu faire son Funny game et contraster la violence pseudo réaliste avec celle plus fantasmée et artificielle des films d'horreur mais mon dieu que la démonstration est lourde !! Après il faut être honnête les dix minutes plutôt réussis du film ne justifie pas vraiment de se farcir 80 minutes aussi lamentable même si l'aspect volontairement mauvais trouve une très légère justification dans le final du film. Et puis j'ai toujours eu un peu de mal avec les films méprisant le genre qu'ils investissent.
________________________________________________________________________________ Ma note 02/10 __________
_______ Une minute de silence de Florent-Emilio Siri - 1998 ________________________________________
Une minute de silence est le tout premier long métrage de l'excellent réalisateur de Nid de guêpes et Otage. Dans ce film il traite à la manière d'une chronique douce amère des conflits sociaux dans une région minière de Lorraine à travers l'amitié de deux ouvriers Marrek et Mimmo. Le film est une grosse déception du fait qu'il s'appuie pour beaucoup sur la relation amicale entre les deux hommes qui n'arrive jamais à être totalement crédible à l'écran. Trop écrite, trop caricaturale, trop appuyée et parfois jouée sans aucune nuance cette histoire a bien du mal à prendre une véritable dimension tant l'ensemble du film manque de spontanéité et de naturel. Benoit Magimel est pourtant plutôt bon, en tout cas bien meilleur que Bruno Putzulu qui traverse un peu tout le film comme un fantôme. Faute de moyen la grande grève et l'affrontement avec les forces de l'ordre manque franchement de souffle et d'une dimension vraiment spectaculaire. Une minute de silence est donc un film dont les belles intentions ne trouvent pas vraiment d'écho à l'écran à cause d'une trop flagrante approche artificielle des sentiments comme des événements.
__________________________________________________________________________________ Ma note 04/10 _________
Voilà pour reprendre la formule : une semaine se termine une autre va commencer To be continued...