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Cinéma - DVD - Critiques

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Saison 2011 Episode 11

 

Au sommaire cette semaine :

 

Le meilleur est à venirLe meilleur est à venirLe meilleur est à venirLe meilleur est à venir 

 

 

Captifs (2010) de Yann Gozlan 05/10

captifs

 

Le soucis majeur du film de Yann Gozlan c'est qu'il semble vraiment arriver après la bataille voir carrément après la guerre. En effet Captifs ne propose strictement rien de nouveau et les fans de films de genre risque donc de fortement s'ennuyer devant un film qu'ils auront vraisemblablement la sensation d'avoir déjà vu des dizaines de fois. Captifs raconte donc les mésaventures de trois jeunes humanitaires français dans les Balkans; alors qu'ils sont en route pour leur retour en France ils se retrouvent attaqués et pris au piège de criminels aux motivations troubles. Le cadre de l'Europe de l'Est a déjà été exploité avec Hostel, Severance, Ils ou même Vertige; le thème du trafic sauvage d'organes était déjà au centre de films tels que Paradise lost ou Train et l'aspect survival quand à lui est exploité jusqu'à la corde à longueurs de DTV. L'originalité est donc loin d'être la vertu première de Captifs qui va jusqu'à fortement s'inspirer du visuel de Martyrs pour son affiche. Pourtant le film de Yann Gozlan n'a rien non plus de vraiment honteux ou déshonorant, il est plutôt correctement emballé, choisit la tension plus que la surenchère systématique dans le gore et offre à Zoe Felix un joli contre emploi plutôt réussi. Captifs n'est donc ni vraiment mauvais, ni franchement bon et il laisse obligatoirement une impression en demi teinte. On pourra toutefois reconnaître au premier film de Yann Gozlan de belle qualité cinématographique avec notamment un joli travail sur le son comme vecteur d'angoisse et une mise en scène assez carré et efficace. Dommage donc qu'en plus de son manque flagrant d'originalité le film se retrouve handicapé par deux trois petites choses qui alourdissent le récit comme un prologue sans grand intérêt expliquant la phobie chronique du personnage interprété par Zoe Felix, un personnage totalement transparent et fonctionnel interprété par Ariel Elmaleh, des tortionnaires en marcels assez caricaturaux et surtout ce sentiment constant de déjà vu. On espère donc retrouver Yann Gozlan sur un second film un poil plus original que celui ci dans lequel il pourrait apporter un peu plus que son évident savoir faire.

 

30 jours de nuit 2, Jours sombres - 30 days of night, dark days (2009) de Ben Ketai 03/10

30 jours de nuit 2

 

30 jours de nuit 2, Jours sombre est donc une suite direct du film de David Slade sorti trois ans plus tôt. Une suite directement shooté pour le marché de la vidéo qui ne reprends finalement pas grand chose de l'univers du premier film qui avait le mérite d'être très efficace tout en sous exploitant sa monstrueuse idée de départ d'une nuit durant presque un mois. On retrouve donc le personnage de Stella qui tente de venger la mort de son petit ami tout en parcourant les USA afin de convaincre un monde incrédule que le cau-auchemar a déjà commencé. Elle va être aidée dans sa quête de vengeance par trois autres victimes qui vont lui proposer d'aller botter le train de Lilith la reine des vampires. Première énorme déception si l'on retrouve le personnage de Stella on assiste également à un changement d'actrice pour l'interpréter, un changement qui d'emblée assure une continuation des plus bancale entre les deux films. C'est d'autant plus dommageable que le spectateur ne gagne pas vraiment au change en passant de la charismatique Melissa George à la bien plus transparente Kiele Sanchez. Autre déception avec l'abandon complet des décors rigoureux et blancs de l'Alaska et du concept de la nuit qui n'en finit pas, cette suite se déroule dans des univers urbains, le plus souvent en intérieur et sur un rythme plus traditionnel et mécanique du jour et de la nuit. 30 jours de nuit 2, Jours sombres ressemble plus à un sous Blade dans lequel 4 personnages en quête de vengeance tentent de dégommer du vampire à tour de bras. Un concept pas plus con qu'un autre à condition de ne pas se prendre les pieds dans le tapis des incohérences et de la facilité ce qui bien sûr est loin d'être le cas ici. On a par exemple du mal à comprendre pourquoi les personnages s'acharnent durant tout le film à défourailler sur les vampires alors qu'ils savent très bien que cela ne sert strictement à rien et on se dit qu'avoir deux ou trois armes spécifiques et vraiment mortels semblerait un petit peu plus pertinent. Quand à la petite armée de vampires qu'ils sont censé affronter elle se limite le plus souvent à une demi douzaine de gothiques fringués au rayon cuir de La redoute. Même la délicieuse et vénéneuse Mia Kirshner ne marquera pas vraiment les esprit dans sa performance bien fade de la grande reine des vampires... Le film de Ben Ketai est donc une suite des plus dispensable qui n'apporte rien de nouveau et qui se place très très en dessous du film de David Slade pourtant déjà très perfectible.

 

Il reste du jambon ? (2010) de Anne Depetrini 02/10

il reste du jambon

 

Anne Depetrini , ex miss météo de Canal+ et souvent cantonnée au rôle de potiche de plateau télé, passe donc à la mise en scène avec un film partiellement autobiographique qu'elle a écrit avec son compagnon Ramzy Bedia. Il reste du jambon ? raconte donc l'histoire d'amour entre une jeune journaliste issus de la bourgeoisie parisienne et un médecin d'origine algérienne venant directement d'une cité HLM. Un choc des cultures, des traditions et des religions pour les deux tourtereaux qui vont devoir s'aimer en dépit des préjugés de leurs proches. La jeune réalisatrice choisit donc la comédie romantique sur fond social pour faire ses grands débuts au cinéma et se vautre assez lamentablement dans les pires clichés possibles. Car être pétris des meilleurs intentions ne suffit pas toujours à faire passer la pilule et il est toujours bien paradoxale de vouloir dénoncer les pires préjugés en alignant à l'écran les pires clichés culturels et raciaux possible. Anne Depetrini reste dans une vision très bobo des choses et oppose sans la moindre finesse une famille bourgeoise parisienne et une famille algérienne vivant en banlieue. Cette sensation de voir s'agiter sous nos yeux des archétypes purement fonctionnels est franchement désagréable et la comédie qui se voulait humaniste devient de ce fait très vite lourdement mécanique. Un aspect totalement artificiel renforcé par des personnages qui manquent cruellement d'épaisseur, de charisme, de force et de véracité. Le couple principale formé par Ramzy Bedia et Anne Marivin est juste insupportable de cabotinage et leur histoire d'amour à la limite de la gentille bluette platonique d'adolescents manque autant de piquant, de profondeur que d'émotion. Si le film n'est pas vraiment maîtrisé dans son écriture tout en réservant quelques bonnes répliques, du coté de la mise en scène c'est tout simplement catastrophique. Le film ressemble le plus souvent à un mauvais sitcom shooté sans le moindre point de vue dans des lumières dégueulasses... Pour trouver des points plus positifs il faudra donc se tourner du coté des second rôles qui visiblement n'ont pas besoin d'être dirigé pour être naturellement bon. On retrouve donc avec plaisir la délicieuse Leïla Bekhti, la jeune actrice récemment césarisée est formidable et elle apporte incontestablement beaucoup de charme, de justesse et de fraîcheur au film dans le rôle de la petite sœur de Ramzy. On retrouve également au générique la comédienne Geraldine Nakache, sa complice de Tout ce qui brille, qui apporte elle aussi une touche non négligeable d'humour et de charisme à un film qui en manque cruellement. Il reste du jambon? est donc une comédie passablement morose, une romance sans cœur et sans âme et un film social qui passe à coté de son sujet à trop vouloir être bassement didactique, on est quand même pas loin du ratage le plus complet.

 

L'illusionniste (2010) de Sylvain Chomet 08/10

l'illusionniste

 

A contre courant des modes et des tendances Sylvain Chomet poursuit son petit bonhomme de chemin et son travail d'artisan de l'animation. Un peu à la manière de Hayao Miyazaki le jeune réalisateur français continue d'ancrer ses récits dans son propre univers culturel tout en restant fidèle à l'animation traditionnel en 2D avec crayons et pinceaux. Après le formidable Les triplettes de Belleville, Sylvain Chomet choisit d'adapter le scénario d'un projet inachevé du grand Jacques Tati et offre comme un magnifique hommage à son personnage principal la silhouette si particulière du réalisateur et acteur de Jour de fête. L'illusionniste raconte l'histoire d'un artiste de cabaret qui à la fin des années 50 connait de plus en plus de difficultés à trouver des scènes pour se produire. Un peu contraint à l'exil il finira par se produire dans un pub en Ecosse dans lequel il fera la rencontre d'une jeune fille avec laquelle il va entretenir une relation entre amour et tendresse comme une improbable figure paternelle. L'illusionniste est vraiment une petite merveille à la fois tendre, drôle et émouvante sur laquelle plane en plus de l'ombre de Jacques Tati celle du Chaplin de Limelight. Le film de Sylvain Chomet porte un regard nostalgique sur la fin d'une époque et la disparition des artistes de cabaret, des clowns, des bateleurs, ventriloques et illusionnistes cédant leurs places dans l'imaginaire à l'avènement du rock'n roll et de la télévision. Un regard emprunt d'une formidable mélancolie et dénué de tout passéisme dans lequel les clowns sont suicidaires, les ventriloques alcooliques et les illusionniste s'inventent des histoires d'amours impossibles avec des jeunes filles. Le film de Chomet est une sorte de bulle de poésie en apesanteur, quasiment muet et doté d'une mise en image des plus posé L'illusionniste est une petite merveille de l'animation à l'univers aussi singulier que graphiquement riche dans le moindre petit détail de ses décors et de ses univers. Tout à la fois burlesque, fin et intelligent L'illusionniste s'impose comme un drôle de film triste qui plus encore qu'à la figure de Tati rends un hommage magnifique à des artistes et à un cinéma d'un autre temps. Impossible par exemple d'oublier ce moment magique du film durant lequel Sylvain Chomet fait entré son personnage de papier dans une salle de cinéma pour le confronter à l'image bien réelle de son modèle pour une sorte de mise en abîmes aussi ludique que particulièrement émouvante. L'illusionniste est à l'image de son personnage principal un manifeste délicat, élégant et émouvant à la magie du spectacle et la solitude au quotidien de ceux qui nous émerveillent. Grosse déception en revanche du coté de l'édition DVD et Blu-ray du film avec ses sept petites minutes de bonus ça fait un peu chiche comme écrin pour un aussi joli bijou.

 

Voilà une semaine se termine, une autre va bientôt recommencer. To be continued ....

 

 

 

 

 

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