Cinéma - DVD - Critiques
______ Comme un chef de Daniel Cohen - 2012 _______________________________________________________
Vu le succès grandissant des émissions culinaires à la télévision il était certain que le cinéma n'allait pas tarder à s'emparer du phénomène à travers une fiction tendance comédie sur l'univers de la cuisine et de la restauration. Comme un chef raconte donc l'histoire d'un petit anonyme absolument fan de cuisine (Michael Youn assez sobre pour une fois) qui va réaliser son rêve de toujours en devenant l'assistant de son idole, un grand chef de cuisine classique dont la carrière est menacé par la mode de la nouvelle gastronomie. Peu, voir pas de surprises dans cette comédie aux ingrédients savamment dosés mais aux recettes totalement éculées et manquant franchement de piment ( Voilà une belle métaphore culinaire, on dirait une critique de télé poche) . On s'amusera toutefois de la participation de l'excellent Santiago Segura en adepte et apprenti sorcier de la cuisine moléculaire, car pour le reste sans être désagréable cette comédie traditionnelle et sans épices laisse vraiment sur sa faim (Re métaphore culinaire, double ration). On sait exactement dès les premières minutes le cheminement et la conclusion de cette histoire au fort gout de déjà vu sur la passation de savoir et de pouvoir entre un maître et son élève. Comme un chef reste toutefois un petit film assez sympathique mais aucunement indispensable .
____________________________________________________________________________________ Ma note 04,5/10 _____
_____ Dépression et des potes de Arnaud Lemort – 2012 ___________________________________________
Dépression et des potes est une énième comédie de potes avec des trentenaires bobos qui se retrouvent autour de la dépression de l'un d'entre eux. Réalisé sans éclat par Arnaud Lemort, le film offre toutefois son lot de sourires et de bons mots autour grâce à son un quatuor de comédiens formé par Fred Testot, Arié Elmaleh, Jonathan Lambert et Ary Abittan. Si le film est loin d'être désagréable il laisse surtout la sensation d'une comédie trop classique et finalement bien paresseuse s'appuyant souvent sur des situations déjà vus mille fois et le simple potentiel comique de ses acteurs . Si Jonathan Lambert, Arié Elmaleh et Ary Abittan s'en sortent plutôt bien en revanche Fred Testot est bien plus limite dans sa performance d'acteur, forçant trop souvent son jeu au point de ne plus sonner tout à fait juste lors d nombreuses scènes. Alors bien plus que les quatre acteurs principaux on retiendra surtout la très amusante performance de Laurence Arne qui incarne ici une jeune femme aveugle pour quelques gags dans l'esprit des frères Farelly. Finalement le film de Arnaud Lemort ne se distingue en rien des centaines de comédies produites chaque année en France qui n'ont jamais plus d'audace narrative et d'ambition artistiques qu'un simple téléfilm.
___________________________________________________________________________________ Ma note 04,5/10 ______
_______ Carré blanc de Jean-Baptiste Leonneti – 2011 _______________________________________________
Carré blanc est un premier film bien singulier qui s'avère tout aussi attachant que parfois énervant. Jean-Baptiste Leonneti choisit dans Carré blanc de décrire un univers froid et clinique, sorte de monde formaté et totalement aseptisé dans lequel un couple en perdition tente de retrouver une part d'humanité. Le coté film d'auteur froid, lent et hermétique devrait rebuter beaucoup de monde et sans parler de prétention on sent que Jean-Baptiste Leonneti se regarde parfois filmé et force l'aspect cérébral et intellectuel de son film. Pourtant Carré blanc est aussi un film intéressant ne serait ce que par la radicalité de ses partis pris formelles et narratifs et la façon désabusé avec laquelle Jean-Baptiste Leonneti décrit les monstres ordinaires façonnés par nos société. Carré blanc décrit un monde dans lequel les plus faibles se font systématiquement démolir par les plus fort, les hommes se nourrissent littéralement des autres en se comportant sans réfléchir comme le stipule les règlements et les affiches publicitaires. Décor froid et massif, musique obsédante, photographie sèche, comédiens aux visages fermés, Carré blanc a le mérite de poser une véritable ambiance et un univers totalement cohérent avec son histoire. Si l'ennuie s'empare parfois du spectateur en revanche le film reste en tête par la rigueur glaciale de son constat sur la violence institutionnalisée de nos société qui fabrique des monstres capable à la fois d'y survivre et de faire prospérer le système. Carré blanc nous rappelle alors que les monstres ont des figures si ordinaires que l'on finit par ne plus les voir et donc les accepter.
_____________________________________________________________________________________ Ma note 06/10 ______
_______ Dictado de Antonio Chavarrias – 2012 ________________________________________________________
Premier film du producteur Antonio Chavarrias, Dictado est un drame dans lequel viennent se greffer des éléments fantastiques et surnaturels. Cette histoire d'adoption d'une petite fille faisant ressurgir les fantômes d'un drame passé et mettant un couple en péril n'est pas sans rappeler Esther de Jaume Collet Serra. Malheureusement Dictado est bien avare en frissons et en émotion, et surtout le film livre beaucoup trop tôt et clefs en mains les éléments propre à la compréhension de ce récit aux lisières de l'épouvante. Dictado s'achemine alors sans la moindre subtilité vers le drame existentiel sur la mémoire et le poids de la culpabilité mais sans vraiment prendre soin d'impliquer le spectateur dans le récit. On s'ennuie alors assez vite devant cette histoire finalement bien prévisible et classique et bien pauvre en tension comme en rebondissements. Si Dictado reste assez agréable à regarder c'est surtout grâce à ses interprètes avec notamment Barbara Leni et une issus narrative incertaine quoique finalement très classique.
__________________________________________________________________________________ Ma note 04/10 ________